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Pour comprendre
ce qu’est le Mouvement des Comités
Révolutionnaires, nous devons d’abord aborder,
en bref, la révolution, c’est-à-dire donner
quelques indications sur l’essence de la
révolution qui est l’objectif du mouvement des
comités révolutionnaires.
Dans leurs
tentatives, en vue d’expliquer ce qu’est la
révolution, certains ont parlé de facteurs
économiques, de facteurs politiques et
sociaux…etc. cependant expliquer la révolution
par des facteurs économiques, politiques et
sociaux, n’est pas suffisant, parce que :
-
L’oppression,
les rapports d’injustice et les problèmes
politique et économique, les crises
sociales, le sous-développement, le blocage
du changement et de l’évolution sociale ;
n’engendrent pas forcément la révolution,
ils peuvent tout au contraire conduire à la
soumission et à l’acceptation de la réalité
sociale telle qu’elle est. Dans une société
de misère où la pauvreté est généralisée, il
est possible que les individus cherchent
leur salut individuellement, au lieu de se
révolter collectivement.
-
Historiquement parlant, on a remarqué le
contraire de ce qu’on avance par les
explications économique, politique et
sociale. Les révolutions se produisent dans
des périodes politiquement, économiquement
et relativement mieux que d’autres périodes
et dans des endroits où les conditions de
vie sont relativement meilleures par rapport
aux autres endroits de la même société.
-
La
généralisation des rapports d’injustice et
la domination de la misère, n’engendrent pas
automatiquement la révolution pour qu’elle
puisse se déclencher, il faut plus que des
rapports d’injustice et de misère. La
révolution ne se produit pas parce qu il y a
oppression, corruption, ni à cause de la
misère, elle se produit grâce à la prise de
conscience des rapports d’injustice, de
l’oppression, de la corruption et de la
misère.
Cette prise de
conscience nécessaire à la révolution, ne se
fait qu’à la lumière d’une alternative, grâce à
laquelle se découvrent l’injustice,
l’oppression, la corruption et la misère comme
situations insupportables et intolérables et qui
démontrent en plus, que le changement est
possible.
Pour prendre
conscience de l’injustice, il faut une prise de
conscience de la justice.
Pour prendre
conscience de la servitude, il faut une prise de
conscience de la liberté.
Mais cette prise
de conscience ne se fait que grâce à une
alternative.
L’homme ne se
révolte pas à cause des rapports d’injustice,
mais parce qu’il prend conscience de la justice.
Lorsque les hommes prennent conscience de leur
liberté, ils ne supportent plus la moindre
servitude. Lorsque les hommes prennent
conscience de la justice, ils ne tolèrent plus
la moindre injustice.
Cette prise de
conscience exige une alternative, cette
alternative est présentée par la théorie
jamahiyrienne.
La théorie
jamahiyrienne est une théorie révolutionnaire
parce qu’elle présente l’alternative grâce à
laquelle se découvre l’injustice, la servitude,
l’oppression et la répression. En même temps que
la justice, la liberté, l’égalité en tant
qu’avenir possible devant les hommes.
Le problème de la
phase de transition, c’est-à-dire le passage de
l’avant à l’après révolution, est le problème le
plus crucial et la phase de transition est la
phase la plus difficile, la plus dangereuse,
parce que pendant cette phase bien que l’ancien
régime soit vaincu, ses institutions démolies,
ses justifications perdent leur crédibilités et
leur légitimités par la révolution, tandis que
le nouveau régime - l’alternative - n’est pas
encore institué et ses institutions ne sont pas
encore établies.
Quelles solutions
faut-il proposer? Comment sortir de ce dilemme?
Du point de vue
objectif, un peuple qui a vécu sous des formes
multiples de tyrannie politique, économique et
sociale, a besoin, pour passer de l’ancien
régime au nouveau régime d’un instrument, grâce
auquel il découvre les origines de sa
souffrance, les causes des rapports injustes et
de l’exploitation, et prend conscience de
l’alternative.
En l’absence de
tel instrument, un peuple risque ou bien de ne
pas prendre conscience des origines des rapports
d’injustice dominant dans la société, en même
temps ignorant l’alternative qui lui présente la
possibilité de sortir de sa situation ou bien il
risque de tomber dans un abîme aveugle qui, tôt
ou tard mènera la révolution à sa perte.
D’autre part,
bien que cet instrument soit nécessaire, s’il
est exercé à la place du peuple, il rend le
peuple absent et éternise ses handicaps malgré
les bonnes intentions affichées.
Certaines
révolutions n’avaient pas conscience de ce
problème, elles se sont laissées entraîner par
un abîme aveugle illimité où chacun est à la
fois victime et bourreau, pour tomber enfin
épuisés sous la dictature d’un seul. Faute de ne
pas pouvoir maîtriser la terreur, elles se
mettaient sous la terreur d’un seul le préférant
à la généralisation de la terreur.
Par manque d’un
instrument révolutionnaire, l’engrenage
terroriste conduit inévitablement à la
dictature.
Certaines autres
révolutions, enrichies peut-être par
l’expérience historique de la révolution
française, qui a mis une dizaine d’années de
tâtonnement pour mettre fin définitivement à
l’ancien régime et établir le nouveau régime :
La république. Elles se sont
appuyées sur certaines organisations d’élites
bien encadrées, fort disciplinées qui, pour
éviter la chute dans l’engrenage de la terreur
aveugle exerce le pouvoir à la place du peuple,
sous prétexte que le peuple n’est pas encore
prêt, ni incapable d’exercer le pouvoir
directement, ce qui suppose la nécessité d’un
instrument – un parti- qui en fait traverser la
phase de transition vers le nouveau régime dans
lequel le peuple sera émancipé.
Cela signifie
clairement que le régime institué pendant la
phase de transition est un régime totalitaire.
Mais l’exercice
du pouvoir par un tuteur entrave sérieusement la
transformation du pouvoir recherché par la
révolution. Cette révolution commence aussi à se
contredire. Son but est l’émancipation de
l’homme. Sa méthode est de l’asservir. Ainsi,
bien que ce soit sous formes différentes, le
même régime s’éternise affectivement.
La totalité
politique empêche ainsi toute transformation des
rapports dominants. Le changement ne touche que
les personnages du régime, les rapports du
gouvernement – gouverné, maître et esclave,
dominant et dominé - persistent malgré le
changement des personnages, ce qui justifie tôt
ou tard une nouvelle révolution, car une
révolution manquée en cache une autre.
Si l’après
victoire commence par l’exclusion du peuple,
même au mur, mal formé, mal préparé, mal
disposé, n’est pas prêt à exercer le pouvoir, à
cause justement de l’ancien régime, ce qui est
d’ailleurs vrai, mais en même temps cette
exclusion rend la révolution illégitime parce
que ce qui justifie la révolution ne justifie
pas du tout l’exclusion du pouvoir… justement
parce que l’exclusion du peuple sous l’ancien
régime est l’une des principales justifications
de la révolution.
-
Quelle solution nous propose la
révolution d’El Fatah ?
Le choix du moyen
dans la phase de transition est par principe
dicté par le but poursuivi par la révolution.
Ainsi, les révolutions précédentes ont recours
aux instruments pertinents à leur but, leur but
étant la prise de pouvoir soit par la
bourgeoisie dans la révolution française, soit
par le prolétariat représenté par le parti
bolchevique dans la révolution russe.
L’objectif de la
révolution d’El-Fatah, n’est pas la prise du
pouvoir comme fin en soi par une partie du
peuple, mais celle qui consiste à remettre tout
entièrement le pouvoir au peuple.
Etant donné que
le but est d’établir le pouvoir du peuple, sans
aucun intermédiaire, d’instituer la justice
sociale et de libérer les hommes, l’instrument
utilisé dans la phase de transition, pour faire
passer le peuple de l’ancien au nouveau régime
c’est-à-dire le pouvoir du peuple, ne doit pas
sous aucun prétexte, contredire le but dont il
est l’instrument de réalisation.
Ainsi naît le
mouvement des comites révolutionnaires.
Le mouvement des
comites révolutionnaires n’est pas la création
d’un individu, ou d’un groupe d’individus avide
de pouvoir et, de façon organisé, hiérarchisé,
dans le but d’être utilisé comme instrument pour
la prise du pouvoir et le monopoliser.
Le mouvement des
comites révolutionnaires est le résultat
spontané de tous ceux qui découvrent l’origine
de la corruption et de la répression et refusent
l’injustice que ce soit politique, économique et
sociale et développent leur conscience par la
nécessité du changement profond à partir de leur
prise de conscience de l’alternative.
Cette découverte
et la prise de conscience se font à partir de
connaissances conscientes de la théorie
jamahiriyenne exposée dans Le Livre Vert à la
lumière de laquelle se découvrent la corruption
et les origines des rapports de l’injustice
dominant, en même temps qu’elle démontre la
possibilité d’une alternative meilleure.
Ceux-ci s’ils
restent séparés, sériés, individualisés, leur
refus ne pourra dépasser le seuil
insurrectionnel ou le soulèvement ou le suicide.
Pour donner force à leur refus, ils constituent
leur groupement pour leur donner la force
collective en face du régime de corruption et
d’injustice organisée.
Cela veut dire
que le mouvement des comités révolutionnaires
est une organisation ouverte où aucune sélection
ne s’y fait. Son apparition est le résultat
d’appel mutuel, spontané, de tous ceux qui sont
convaincus par la théorie jamahiriyenne et qui
dépassent la simple conviction vers l’action
selon leur conviction.
Etant donné que
la théorie est jamahiriyenne, les comités
révolutionnaires ne peuvent exercer le pouvoir à
la place du peuple, ni être totalitaires. Toute
tentative dans cette direction est condamnée, et
considérée comme trahison.
Ainsi le but
poursuivi par les comités révolutionnaires, qui
est en substance l’établissement du pouvoir du
peuple, autrement-dit la démocratie directe,
détermine leurs essences, leurs façons d’agir et
leurs missions.
En prenant en
considération tout ce que nous avons avancé, le
mouvement des comités révolutionnaires est une
nécessité conjoncturelle, liée d’une part aux
conditions sociales, politiques et économiques
dominantes dans une société ou la révolution
éclate, et de l’autre du peuple, c’est-a-dire la
démocratie directe.
Les conditions
politiques, sociales et économiques dans une
société donnée exigent le recours à un
instrument révolutionnaire mais le but poursuivi
est de déterminer son essence, sa façon d’agir
et sa mission.
Les comités
révolutionnaires, pour atteindre leur but, ne
doivent pas se mettre a la place du peuple, ils
ne doivent pas exercer le pouvoir. Tout au
contraire, ils doivent détruire les entraves,
matérielles et morales, afin de permettre au
peuple de reprendre et d’intérioriser son
pouvoir jadis confisqué par une minorité. Dès
que leur but est réalisé, les comités
révolutionnaires se diluent dans le peuple.
Ainsi, on peut
définir les comités révolutionnaires comme un
cadre politique et pratique des forces
révolutionnaires.
Convaincus et
motivés par le pouvoir du peuple et le
socialisme associationniste, poursuivant un but
qui leur interdit de se mettre à la place du
peuple dans sa marche vers l’appropriation du
pouvoir et de son exercice, et la
réappropriation de sa richesse nationale ainsi
que la défense de ses acquis.
Les comités
révolutionnaires sont ainsi l’instrument par
lequel se propagent les idées émancipatrices
jamahiriyennes.
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Sur quelle base s’organisent les
comités révolutionnaires ?
Sans doute la
première condition, celle qui est à l’ origine
de sa formation spontanée, c’est la prise de
conscience des idées jamahiriyennes exposées
dans Le Livre Vert et la conviction dans le but
visé.
Deuxièmement, un
membre du comité révolutionnaire doit être
l’exemple de l’homme nouveau, moralement et
pratiquement dévoué pour la cause dont il
défend. Il doit se distinguer par ses actions et
son comportement à travers les valeurs
jamahiriyennes.
Sa mission :
Etant donné que
les comités révolutionnaires ont comme objectif
à court terme, la destruction des entraves
morales et matérielles afin de permettre au
peuple la réappropriation de son pouvoir et de
sa richesse, en tant que but suprêmes ;
Les mouvements
des comités révolutionnaires doivent :
1-
inciter le peuple à
l’exercice de son pouvoir.
2-
Consolider les
institutions du pouvoir du peuple, c’est-à-dire
les congrès et les comités populaires.
La permanence du
comité révolutionnaire.
La permanence du
comité révolutionnaire est le lieu où les forces
révolutionnaires se rencontrent, se réunissent
dans le cadre d’un congrès populaire ou
professionnel.
La permanence est
l’adresse permanente par laquelle se
communiquent les forces révolutionnaires,
agissant à partir d’une autre permanence du
comité révolutionnaire. Elle est la base à
partir de laquelle les révolutionnaires se
lancent pour effectuer leur mission.
Dans la
permanence, les révolutionnaires se réunissent
pour étudier, cultiver leurs esprits, réfléchir,
analyser, discuter ensemble, à partir des thèses
jamahiriyennes.
Dans la
permanence, les révolutionnaires planifient
leurs actions, se désignent les missions en vue
de la réalisation de leur but ; le pouvoir du
peuple.
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