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« Frère Guide, Président de l'Union
africaine,
Mesdames et Messieurs Les Chefs
d'Etat
et de Gouvernement,
Madame La Sous-secrétaire Générale des Nations
Unies représentant Monsieur Le Secrétaire
Général des Nations Unies,
Monsieur Le Secrétaire Général de la Ligue
des
Etats
arabes,
Mesdames et Messieurs Les Ministres,
Mesdames et Messieurs Les Représentants des
Corps Diplomatiques et des Organisations
Internationales,
Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais tout d'abord exprimer ma joie de me
retrouver en ce jour devant cet auguste
Assemblée et de renouveler chaleureusement à
tous, au nom de la Commission et en mon nom
personnel, mes souhaits de bienvenue dans cette
belle ville de
Syrte.
Je remercie sincèrement le Guide et le Peuple
libyens pour la fraternité et la cordialité de
l'hospitalité qu'ils nous ont réservée depuis
notre arrivée dans ce grand pays frère, en
mettant à notre disposition les facilités
requises pour nos travaux.
Je salue particulièrement nos Invités d'honneur
extérieurs à l'Afrique.
Certains parmi eux assistent pour la première
fois à nos assises comme Son Excellence Monsieur
Luis
Inacio Lula
da
Silva,
Président de la République fédérative du Brésil,
pays avec lequel la Commission va procéder à la
signature de trois importants Accords de
coopération, respectivement pour le
développement du coton en Afrique, pour le
développement social et pour le renforcement de
l'agriculture. II en est de même de Son Altesse
Royale Sheikh
Hamad
Bin
Khalifa
AI
Thani,
Emir du Qatar et de Son Excellence Monsieur
Mahmoud Ahmadinejad,
Président de la République Islamique d'Iran.
Beaucoup nous font régulièrement l'amitié de
rehausser de leur présence nos réunions
statutaires
:
comme ils sont nombreux, ils me pardonneront si
je ne les nomme pas tous
;
je citerais toutefois
SEM Amr
Moussa, Secrétaire Général de la Ligue des
Etats
arabes et
SEM Mahmoud Abbas,
Président de l'Autorité Palestinienne à qui je
réaffirme la solidarité et le soutien de
l'Afrique envers la population palestinienne.
D'autres se sont déplacés spécialement nous
faire leurs adieux comme le Directeur Général de
l'UNESCO,
SEM Koichiro Matsuura
qui a fait de l'Afrique une priorité de ses
mandats et le Commissaire Européen Louis Michel
qui n'a pas ménagé sa peine et ses efforts pour
la cause de l'Afrique.
Je voudrais également, au nom de la Commission
et en mon nom personnel avec bien entendu votre
accord, réitérer mes plus chaleureuses
félicitations au Président nouvellement élu de
la République Sud Africaine,
SEM
Jacob
Zuma
pour sa brillante élection. Je lui adresse mes
sincères vœux de succès tout en étant convaincu
qu'avec les formidables capacités qu'il nous a
laissé entrevoir, il répondra non seulement aux
multiples attentes de ses compatriotes qui lui
ont massivement témoigné leur confiance mais
aussi aux espoirs qu'a suscités sur le
Continent, son élection à la tête de ce grand
pays qu'est l'Afrique du Sud.
Cette même Afrique du Sud avec laquelle dés à
présent, tous les cœurs africains vont battre à
l'unisson, toutes les mains africaines applaudir
au même rythme, tous les pieds africains
trépigner d'un même mouvement, pour préparer et
accueillir sur notre Continent, la Coupe du
Monde du football de 2010, afin que toutes les
poitrines et toutes les gorges africaines
hurlent et acclament d'une seule voix, le nom de
l'équipe gagnante qui sera naturellement
africaine n'est-ce pas puisque nous y allons
tous y contribuer!
Je renouvelle également mes plus chaleureuses
félicitations au Président de la République
algérienne démocratique et populaire, Son
Excellence Monsieur
Abdelaziz Bouteflika
pour sa brillante réélection.
Je salue aussi Son Excellence le Professeur John
Evans Atta-Mills,
le Président de la République du Ghana qui
participe pour la première fois à nos réunions
statutaires après son exemplaire élection de
l'année dernière.
Je salue enfin la venue du Président par intérim
de la République gabonaise, SE Madame Rose
Francine
Rogombé
et avec la permission de cet auguste Assemblé,
je souhaiterais lui renouveler l'expression de
notre solidarité et de notre sympathie attristée
pour le récent et douloureux deuil qui a frappé
toute la nation gabonaise.
Je saisis d'ailleurs cette occasion pour joindre
ma voix à celle du Guide pour rendre un hommage
à la fois ému et solennel à la mémoire de deux
de nos Chefs
d'Etat,
feu le Président
Joao Bernardo Vieira
de Guinée Bissau et feu le Président El
Hadj Omar
Bongo
Ondimba
du Gabon, Doyen des Chefs
d'Etat
africains et un des Pères fondateurs de l'Union
africaine, qui nous ont quittés depuis notre
dernier Sommet et dont les disparitions nous ont
tous bouleversés.
Monsieur Le Président de l'Union,
Nos travaux se tiennent dans un contexte
particulier marqué par une crise économique
mondiale sans précédent et par la multiplication
de graves tensions politiques et de conflits
persistants en Afrique.
Ainsi, après une année 2008 caractérisée par une
conjonction de crises majeures, le monde s'est
enfoncé dans une récession généralisée et l'on a
enregistré durant ce premier semestre, un
affaissement de l'activité économique mondiale.
Pour l'Afrique, après avoir enregistré des taux
de croissance soutenus et prometteurs ces cinq
dernières années, une baisse de croissance
s'amorce cette année avec son cortège de
souffrances et de problèmes
:
énormes pressions supplémentaires sur des
budgets nationaux déjà mis à mal lors des crises
énergétiques et alimentaires, paupérisation
grandissante se traduisant notamment par
l'incapacité à satisfaire les besoins les plus
élémentaires comme l'alimentation qui est un
droit humain fondamental, avec ce que cela
entraine comme agitations et tensions sociales.
Depuis la nuit des temps, l'alimentation a
toujours été politique au sens étymologique, à
savoir une question au cœur de la vie de la
société. Des chapitres entiers de l'Histoire de
beaucoup de pays dans le monde ont démontré que
c'est la famine et la pauvreté qui défont les
rois, font tomber les gouvernements et
déstabilisent les régimes. Sans nourriture, pas
de stabilité ni de paix. Chacun se souvient des
marches voire des soulèvements populaires des
siècles derniers en Europe pour le pain,
séquences malheureusement reprises par ce
facétieux metteur en scène qu'est l'Histoire
avec les fameuses «émeutes de la faim
»
au printemps 2008...
En choisissant alors le thème de notre présent
Sommet «Investissement dans l'agriculture pour
réaliser la croissance économique et la sécurité
alimentaire
»,
l'Organisation n'a pas succombé à un phénomène
de mode. Ce choix reflète simplement sa
détermination et son engagement à poursuivre
tous les efforts qu'elle a déployés bien avant
dans ce secteur pour apporter des réponses
concrètes aux aspirations quotidiennes et
profondes de ses populations.
Affirmer alors que l'Afrique a pris la mesure
des incidences et des retentissements sur ses
économies, sur la vie de ses populations de cet
effondrement économique mondial sans précédent
qu'elle est obligée de subir sans en avoir été
pour autant responsable ainsi que des risques
réels d'anéantissement des progrès accomplis
vers les Objectifs du Millénaire pour le
développement, serait peu dire et reviendrait à
émettre une banale litote et un doux euphémisme.
Plus personne aujourd'hui et encore moins tous
les
Etats
membres qui y sont associés, ne peut ignorer les
importantes actions engagées dés le début de la
crise par l'Union africaine avec la
CEA
et le Groupe de la BAD pour trouver
collectivement les réponses susceptibles d'en
atténuer l'impact et les effets sur le
Continent.
Après la réunion de Tunis de l'année dernière
dont je vous ai rendu compte en février de cette
année, nous avons poursuivi les actions visant
la pleine participation de l'Afrique aux efforts
de la Communauté internationale pour la relance
économique mondiale, dans un intérêt bien
compris
:
se sont enchaînées à ce titre, différentes
consultations dont les réunions du Comité des 10
(C10) et la participation de l'Afrique en tant
qu'entité et la présentation d'une position
commune africaine au deuxième
Sommet du G20
de Londres sur la crise début avril, qui a
débouché entre autres sur le Plan de sauvetage
en faveur des pays les plus pauvres que vous
connaissez.
Nous saluons alors la célérité avec laquelle le
FMI
a déjà commencé à mettre en œuvre le déblocage
de certaines ressources via l'allocation de
Droits de Tirage Spéciaux et en anticipant sur
les résultats escomptés de la vente d'une partie
de ses réserves d'or. Mais nous nous devons
d'insister sur la nécessité de débloquer
rapidement les sommes restantes, comme indiqué
dans le Plan de sauvetage et il y a lieu de
respecter les engagements pris par les autres
institutions, notamment celles qui n'ont pas
encore suivi l'exemple du
FMI.
S'inscrivent aussi dans le cadre des efforts
déployés par l'Union africaine et ses
partenaires, les préparatifs engagés en vue de
la présentation de la position africaine au
prochain Sommet du G8 qui se tiendra la semaine
prochaine en Italie
;
à cet effet, la Commission a préparé comme on le
lui a demandé, un projet de texte paru sous la
cote
EX.CL/508 (XV)
et qui est soumis à l'examen de la Conférence.
Dans la perspective de la Conférence de
Copenhague sur les changements climatiques,
l'Afrique qui demeure le continent le plus
vulnérable à la variabilité et aux changements
climatiques, bien qu'elle contribue pour environ
de 3,6% seulement aux émissions mondiales de
bioxyde de carbone, est aussi appelée à
présenter lors de ce même Sommet du G8, sa
position sur les questions d'intérêt particulier
pour le Continent telles que développées dans la
Déclaration de la Plateforme d'Alger et que vous
avez approuvées lors de la 12é session de la
Conférence.
Ces questions portent principalement sur
l'augmentation du financement consenti dans le
cadre du mécanisme d'adaptation et d'atténuation
qui reste statique et continue de dépendre des
contributions volontaires insuffisantes pour
faire face à l'impact des changements
climatiques, les compensations pour dommages
indirects aux économies africaines en réponse à
la crise, un accès accru et qualitatif au marché
financier du carbone, l'accès aux technologies
nouvelles et propres et les trois projets phares
transfrontaliers que sont l'initiative grande
Muraille verte du Sahara, les bassins du lac
Tchad et du Nil et l'initiative du Bassin du
fleuve Congo.
La question du financement durable, fiable et
souple des opérations de soutien à la paix de
l'Union africaine y sera également soulevée par
la partie africaine, en sus des questions liées
à d'autres menaces globales comme la sécurité
maritime, la lutte contre le trafic de drogue et
d'armes, celui d'êtres humains, le blanchiment
d'argent...
A ce stade, nous pouvons nous réjouir d'une
tendance générale qui se dégagé et qui va en
s'affirmant
:
non seulement l'Afrique s'exprime de plus en
plus d'une seule et même voix à des fora
internationaux tel que le G8 pour présenter une
position commune mais ses contributions sont
désormais sollicitées, sa qualité de partenaire
à part entière et ses efforts sont reconnus.
Mais ce n'est encore qu'un premier combat de
gagné sur un long parcours parsemé d'embûches.
II dépend en grande partie de nous et de notre
détermination qu'il soit définitif. C'est dans
ce sens que la position commune africaine sur
les changements climatiques que je viens de
mentionner précédemment, va être présentée et
négociée lors de la Conférence de Copenhague par
la Commission, au nom de l'Afrique, comme vous
l'avez décidé à votre dernière session de
février, pour assurer ainsi au Continent toutes
les chances de se faire entendre.
C'est également dans cette démarche en front
uni, que vous aviez instruit la Commission lors
du Sommet de Maputo dans le cadre de la
coordination et de l'harmonisation de la
position des
Etats
membres de
l'UA
dans les APE et les négociations de
l'OMC,
d'élaborer en collaboration avec la
CEA
et les Communautés Economiques Régionales, un
cadre modèle
d'APE
pouvant aider nos régions et nos pays dans leurs
négociations des APE avec l'Union Européenne.
J'ai plaisir à vous annoncer que ce document qui
aborde toutes les questions pouvant prêter à
controverse dans les APE intérimaires, a été
présenté à la 5é session ordinaire de la
Conférence des Ministres du Commerce de
l'UA
en
mi-mars
dernier.
Monsieur Le Président de l'Union,
Dans le contexte actuel d'un ordre mondial à
l'évidence dépassé où les défis et les
appréhensions mais aussi les espoirs et les
attentes sont immenses, à la mesure d'une
interdépendance accrue, la coopération et la
solidarité sont devenues incontournables
;
l'Union africaine s'est efforcée pour sa part,
sur la base des Décisions de la Conférence, de
construire et de forger avec toutes les régions
du monde ainsi que les Organisations
internationales des partenariats stratégiques
qui s'inscrivent dans une perspective de durée
et de diversification des domaines de
coopération.
Je rappellerai dans ce cadre à la haute
attention de cette auguste Assemblée que le 2é
Sommet
Afrique-Amérique
du Sud se tiendra à Caracas, Venezuela du 16 au
19 septembre prochain.
Monsieur Le Président de l'Union,
Juillet 1999
-
Juillet 2009. Dix ans déjà. Si l'image que
renvoyait le Continent en 1999, au lendemain de
l'adoption de la Déclaration d'Alger lors du 35é
Sommet de
l'OUA
qualifié d'historique à maints égards, se
voulait rassurante et prometteuse pour ce qui
est des orientations qui allaient désormais
régir l'Afrique et donnait une indication de la
volonté de renforcement de la cohésion entre nos
Etats,
celle qui est réfléchie aujourd'hui lors de nos
présentes Assises, dix ans après, jour pour
jour, est préoccupante voire inquiétante avec
notamment la rémanence du fléau de changements
anticonstitutionnels et de tentatives de coups
d'Etat
sous toutes les formes, la détérioration et
l'accentuation de certains conflits, l'expansion
des menaces transnationales comme le fléau de la
drogue, le terrorisme, la prise d'otages et ce,
dans un contexte global de récession économique
généralisée, de surcroît.
C'est ainsi qu'à Madagascar, le transfert du
pouvoir anticonstitutionnel survenu en mars de
cette année vient encore confirmer que la
Déclaration d'Alger et les mesures connexes ne
semblent pas avoir été suffisamment efficaces
pour enrayer ce phénomène.
Par ailleurs, la vague d'assassinats politiques
en Guinée Bissau, ayant débuté par celui du
Président
Nino Vieira
et de son ancien Chef
d'Etat
Major au début de ce même mois de mars est venue
renforcer l'inquiétude que vous avez déjà
exprimée en février dernier face au recul
enregistré dans les processus de démocratisation
engagés sur le continent depuis les années 90.
L'évolution de toutes ces situations a été
discutée lors du Conseil Exécutif sur la base du
Rapport d'étape de la Commission qui est soumis
à votre appréciation.
La situation politique au Niger a suscité
également quelques inquiétudes. J'ai estimé
utile d'impliquer la Commission en dépêchant à
Niamey, une délégation qui a rencontré les
autorités de ce pays.
Dans ce tableau à demi-teinte, la solution
consensuelle qui est venue couronner
l'engagement résolu ainsi que les efforts de
l'Union africaine et des
Etats
membres dés le début de la crise mauritanienne,
témoigne du rôle déterminant et incontournable
de notre Organisation en faveur de
l'Etat
de droit et la stabilité sur l'ensemble du
Continent et apporte une petite note d'espoir
quant à la sortie de crise des autres cas
d'espèces. Elle souligne aussi l'efficience de
la diplomatie et de la sagesse africaines et je
voudrais ici saluer l'implication personnelle
des autorités sénégalaises dans la recherche de
solutions à cette crise mauritanienne. II
demeure que l'Organisation s'attachera à suivre
et à accompagner ce pays dans le fragile
processus de retour à la concorde et à la
stabilité, via notamment les élections
présidentielles le 18 juillet prochain.
Monsieur Le
Président de l'Union,
Ces faits constatés donnent l'ampleur de ce qui
se profile pour le Continent si rien n'est fait
et soulignent dramatiquement l'urgence de la
situation. A l'évidence, outre une réflexion
approfondie en amont pour s'attaquer aux causes
sous-jacentes, réflexion dont certains d'entre
vous avaient souligné la nécessité en février
dernier, une prise de position claire doit itère
arrêtée sur l'attitude collective à adopter
solidairement devant les changements
anticonstitutionnels, afin de ne pas fragiliser
l'Union.
A la veille de la transformation de la
Commission de l'Union africaine, porte voix et
instrument privilégié de l'action diplomatique
collective de l'Union africaine en Autorité de
l'Union dans le processus de la gouvernance
continentale, les incertitudes quant à leur
avenir, l'instabilité et les menaces que font
peser sur la paix et la sécurité les crises
larvées et l'accentuation de conflits ne sont
certainement pas tout à fait ce à quoi rivaient
et sont en droit d'attendre, les fils et les
filles d'Afrique, une décennie après les
immenses espoirs soulevés et portés par
l'engagement fort des dirigeants africains de
mettre alors en le condamnant, un terme
définitif au coup
d'Etat.
Monsieur Le Président de
l'Union,
La situation en Somalie appelle une attention
toute particulière de notre part. Cette
situation a enregistré d'indéniables
développements positifs dans le cadre du
processus de Djibouti soutenu par toute la
communauté internationale.
L'AMISOM
incarne le rôle pionnier de l'Afrique en
Somalie. Les sacrifices que le Burundi et
l’Uganda
ont consentis dans cette mission, honore ces
deux pays et attestent de la vitalité du
panafricanisme qui inspire le devoir
d'assistance fraternelle dont
l'AMISOM
est devenu une expression emblématique.
Aujourd'hui, les acquis fragile de la paix et de
la réconciliation nationale en Somalie, sont
confrontés à une épreuve périlleuse devant la
collusion de toutes les forces qui parient sur
le pire. Le pire en Somalie c'est le retour à
une situation d'absence
d'Etat
et de déchirements fratricides incessants. C'est
aussi une Somalie dont la position
géostratégique privilégiée accentue les
vulnérabilités et serait durablement transformée
en point d'appui du terrorisme international et
de la piraterie maritime. C'est également un
abcès de fixation dans la Corne de l'Afrique et
un espace de non droit générateur d'instabilité
et d'insécurité à grande échelle. L'Afrique et
le reste de la communauté internationale ne
sauraient se résigner à un tel destin funeste
pour la Somalie alors que la voie du salut qui
est parfaitement balisée et courageusement
empruntée par le Gouvernement transitoire
d'Union nationale(TFG).
Monsieur Le Président de l'Union,
Une place au sein de la Communauté des Nations
ne s'obtient pas naturellement, elle se
conquiert. L'histoire de l'Afrique en
particulier, ne cesse pas de nous rappeler la
sagacité de cette assertion qui s'inspire d'une
citation célèbre.
Nous sommes dans la même ville historique de
Syrte,
dans la salle même où il y a de cela dix ans,
portés par une volonté commune de relever d'un
même élan les défis auxquels l'Afrique était
confrontée
,
mus par une même détermination à ne pas nous
résigner à la fatalité de la pauvreté à laquelle
semblait être voué le Continent, nous avions
communément décidé, de la création de l'Union
africaine pour renforcer notre unité et notre
cohésion et assurer l'instauration de la paix et
de la stabilité ainsi que l'essor du
développement en Afrique à travers notamment
l'accélération du processus d'Intégration
politique et économique continentale.
Du chemin a été parcouru depuis et bon nombre
d'événements marquants se sont aussi produits
;
mais au-delà de tout propos convenu, une
opportunité et une responsabilité historiques se
présentent aujourd'hui encore à l'Afrique,
ici-meme
à
Syrte,
pour imprimer un nouvel élan à la dynamique
d'édification du Continent. Vos débats en
décideront.
Au vu de ses performances de croissance de ces
dernières années avant la crise financière,
l'Afrique a les moyens de conquérir et d'asseoir
sa place au monde pour s'affirmer comme un
partenaire qui compte. Elle est riche en
potentialités de surcroît se plaît-on à répéter.
En soulignant la nécessité de l'unité, de la
cohérence et de la cohésion dans les actions et
les déclarations des
Etats
membres par rapport aux décisions de
l'Organisation, le présent Sommet de
Syrte
confirmera la volonté et la détermination
africaines d'avancer d'un même élan vers la même
direction, à savoir la construction des
Etats
Unis d'Afrique.
Je vous remercie. » |