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Le FMI, présenté autrefois comme le
gendarme financier de la planète, vient de se doter d’un nouveau
président, le français Dominique Strauss Kahn, habituellement
désigné sous le sigle DSK, qui réfère à la technologie ou à la
modernité…
Il devrait prendre ses fonctions le 22 de ce mois
d’octobre (Jeune Afrique du 30/09/2007).
Cette institution
n’a jamais fait l’objet d’autant de critiques. Non pas tant sur ses
objectifs initiaux qui étaient de veiller à la stabilité du système
financier international ou d’accorder des prêts, mais bien quant aux
méthodes visant à imposer sous la menace aux pays dits émergents la
mise en œuvre de mesures draconiennes qui n’ont pour effet que de
mettre en pièces les économies. Les exemples sont connus de
privatisations catastrophiques des transports et des sources
d’énergies, la concentration des cultures en vue de gonfler les
exportations au risque de compromettre l’avenir, le tout au mépris
de l’indépendance des états. La morale officielle est le libéralisme
et les lois du marché. Le pouvoir qui se hasarde à s’opposer au FMI
ne tarde pas à être qualifié de dictature et malheur à ses
dirigeants.
Les « plans d’ajustement structurel » ont causé
des ravages en Amérique du Sud et en Afrique, ravages qui n’ont pas
même donné lieu à une reconnaissance d’erreur et encore moins de
responsabilité. Le FMI n’assure pas de service après-vente ; ses «
leçons d’économie » ne sont jamais mauvaises, ce sont les élèves qui
sont mauvais !
Alors DSK est-il crédible quand il fait le
constat des limites de l’institution et promet le changement, tout
en assurant (cité par Jeune Afrique) qu’il y aurait lieu de «
rétablir les équilibres financiers des pays en crise » certes…. «
Sans que des millions de personne en souffrent »…
La France
ne craint pas le paradoxe. Une fois encore, elle ne va pas hésiter à
donner des leçons aux Africains sur les nécessaires équilibres
financiers alors que son premier ministre a déclaré il y a quelques
jours que son pays était « en faillite ». C’est un peu comme si on
demandait à un pédophile de prendre le ministère des affaires
sociales.
Au moins DSK aura-t-il un premier patient vers
lequel se pencher.
Dominique Jourdain |