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Le capitalisme moribond étasunien : Le point de vue de Dominique Jourdain, avocat Français, sur la crise financière.

 

[Editorial.05.10.2008]

Les grands médias occidentaux ne s'émeuvent guère sur le sort des peuples d'Afrique, d'Asie, ou du Moyen Orient lorsqu'ils sont victimes d'outrages climatiques ou des horreurs de conflits le plus souvent orchestrés par les occidentaux. Mais lorsque l'économie libérale est menacée, il y a aussitôt le consensus et la mobilisation générale. Car les valeurs fondatrices de la civilisation ne sont plus religieuses, en Occident, où il est de bon ton de railler le sacré à grand renfort de caricatures, d'autant que ceux qui en font les frais sont les musulmans! Non, les seules valeurs qui peuvent émouvoir sont les valeurs économico-financières.

Alors, la crise financière planétaire, est-ce bien sérieux? Une première lecture de cet émoi médiatico-politique peut conduire à songer à un épouvantail de plus destiné à justifier les pressions sociales de plus en plus insupportables au travailleur salarié, ou à l'artisan et petit entrepreneur. Au cas où la lutte contre le terrorisme ne convaincrait plus vraiment... Braves gens, serrez-vous encore la ceinture, la solidarité est nécessaire à la préservation de vos emplois.

On peut accréditer l'analyse dominante qui établit l'existence d'un effondrement des institutions financières à partir des Etats Unis. L'origine est clairement identifiée comme étant liée aux « titres pourris » c'est à dire à ces prêts accordés généreusement à des taux faussement attractifs qui ont surendetté rapidement des débiteurs placés dans l'impossibilité de rembourser, ce qui, en raison de l'ampleur du phénomène, a réduit tellement la valeur des biens donnés en garantie, que les banques n'ont pu recouvrer leur créance. Comme ces prêts avaient été refinancés en cascade, à la manière de la « cavalerie » de naguère, c'est la réaction en chaîne, le phénomène de panique, les épargnants vendent à la hâte leurs titres et retirent leurs économies, exposant certaines banques à l'impossibilité de faire face.

Rien d'imprévisible pourtant, et il suffit de se référer entre autres à l'ouvrage d'E. Todd « La Fin de l'Empire » qui relevait le caractère extravagant du déficit de la balance des paiements Américain, aux multiples travaux d'ATTAC, pour conclure que l'effondrement du système financier est inéluctable.

Belle leçon d'humilité donc pour le dirigeant Français, l' « hyper président » Sarkozy qui clamait il y a peu que l'exemple à suivre était le Président Reagan, et qu'il n'y avait de salut que néo-libéral.

N'est-ce pas un juste retour des choses que les victimes africaines des politiques d'ajustement économiques, les peuples appauvris par le FMI et la Banque Mondiale, puissent contempler le résultat piteux des leçons que leurs colonisateurs d'hier et d'aujourd'hui, leur reprochaient avec mépris de n'avoir su mettre en oeuvre?

Il est temps de tirer des leçons. Il est temps que les dirigeants Africains se concertent pour exiger une refonte du FMI, cet incompétent gendarme financier mondial, pour préconiser la tenue sur le continent, et pourquoi pas dans un pays émergent d’Asie ou d’Amérique latine, d'une convention à la manière de Bretton Woods ; où les dirigeants de ces pays devraient accoucher d’une nouvelle politique financière et faire ainsi barrage au moribondage économique américain. Car il est clair, la situation de dépendance économique est un risque pour l’humanité. 

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