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Les grands médias
occidentaux ne s'émeuvent guère sur le sort des
peuples d'Afrique, d'Asie, ou du Moyen Orient
lorsqu'ils sont victimes d'outrages climatiques
ou des horreurs de conflits le plus souvent
orchestrés par les occidentaux. Mais lorsque
l'économie libérale est menacée, il y a aussitôt
le consensus et la mobilisation générale. Car
les valeurs fondatrices de la civilisation ne
sont plus religieuses, en Occident, où il est de
bon ton de railler le sacré à grand renfort de
caricatures, d'autant que ceux qui en font les
frais sont les musulmans! Non, les seules
valeurs qui peuvent émouvoir sont les valeurs
économico-financières.
Alors, la crise
financière planétaire, est-ce bien sérieux? Une
première lecture de cet émoi médiatico-politique
peut conduire à songer à un épouvantail de plus
destiné à justifier les pressions sociales de
plus en plus insupportables au travailleur
salarié, ou à l'artisan et petit entrepreneur.
Au cas où la lutte contre le terrorisme ne
convaincrait plus vraiment... Braves gens,
serrez-vous encore la ceinture, la solidarité
est nécessaire à la préservation de vos emplois.
On peut
accréditer l'analyse dominante qui établit
l'existence d'un effondrement des institutions
financières à partir des Etats Unis. L'origine
est clairement identifiée comme étant liée aux
« titres pourris » c'est à dire à ces prêts
accordés généreusement à des taux faussement
attractifs qui ont surendetté rapidement des
débiteurs placés dans l'impossibilité de
rembourser, ce qui, en raison de l'ampleur du
phénomène, a réduit tellement la valeur des
biens donnés en garantie, que les banques n'ont
pu recouvrer leur créance. Comme ces prêts
avaient été refinancés en cascade, à la manière
de la « cavalerie » de naguère, c'est la
réaction en chaîne, le phénomène de panique, les
épargnants vendent à la hâte leurs titres et
retirent leurs économies, exposant certaines
banques à l'impossibilité de faire face.
Rien
d'imprévisible pourtant, et il suffit de se
référer entre autres à l'ouvrage d'E. Todd « La
Fin de l'Empire » qui relevait le caractère
extravagant du déficit de la balance des
paiements Américain, aux multiples travaux
d'ATTAC, pour conclure que l'effondrement du
système financier est inéluctable.
Belle leçon
d'humilité donc pour le dirigeant Français,
l' « hyper président » Sarkozy qui clamait il y
a peu que l'exemple à suivre était le Président
Reagan, et qu'il n'y avait de salut que
néo-libéral.
N'est-ce pas un
juste retour des choses que les victimes
africaines des politiques d'ajustement
économiques, les peuples appauvris par le FMI et
la Banque Mondiale, puissent contempler le
résultat piteux des leçons que leurs
colonisateurs d'hier et d'aujourd'hui, leur
reprochaient avec mépris de n'avoir su mettre en
oeuvre?
Il est temps de
tirer des leçons. Il est temps que les
dirigeants Africains se concertent pour exiger
une refonte du FMI, cet incompétent gendarme
financier mondial, pour préconiser la tenue sur
le continent, et pourquoi pas dans un pays
émergent d’Asie ou d’Amérique latine, d'une
convention à la manière de Bretton Woods ; où
les dirigeants de ces pays devraient accoucher
d’une nouvelle politique financière et faire
ainsi barrage au moribondage économique
américain. Car il est clair, la situation de
dépendance économique est un risque pour
l’humanité. |