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Tchad: resurgissement de l’Affaire Arche de Zoé.

 

[Editorial.23.12.2008]

Dominique Jourdain.

A quelques jours des fêtes de fin d’année, on entend à nouveau parler de l’Arche de Zoé, cette association qui en octobre 2007, il y a un peu plus d’un an, était surprise par les autorités tchadienne en flagrant délit d’enlèvement d’enfants en vue de leur transfert en Europe pour l’adoption, le tout à titre onéreux…

Mise en scène de faux blessés et de faux infirmiers ; parodies médiatiques comme l’occident a bien cette manie et on peut également faire allusion à l’Affaire des infirmières bulgares…

Arrestations, aveux, procès sur le territoire du Tchad, pays théoriquement indépendant mais sous occupation militaire française avec une garnison de plusieurs milliers de soldats. Pays indépendant qui occupe une place stratégique essentielle puisque transite sur son sol le pétrole puisé au Soudan et acheminé vers le port Camerounais de Kribi.

La découverte de ce qui ressemblait fort à un trafic d’enfants qui n’étaient pour la plupart ni orphelins ni en déshérence souleva une grande émotion dans les populations africaines. Non seulement les occidentaux volaient les ressources mais ils se remettaient à trafiquer les humains.

Un procès ultra-médiatisé s’en est suivi. Les juges tchadiens ont courageusement fait face aux pressions de tout ordre tendant à influer sur leur verdict. Ils ont condamné les actes avec rigueur. Ils ont évalué sans complaisance la réparation due aux familles et aux proches.

Puis la diplomatie a repris la main. Pressions médiatiques. Tractations dans les couloirs des ministères, d’un côté et de l’autre de la méditerranée. Et enfin, le résultat favorable aux blancs qui vont bénéficier d’un transfert vers la France pour y exécuter leur peine.

Seulement là se produit une faute d’appréciation consternante du côté Africain. On laisse partir les condamnés sans exiger le paiement ou la consignation des dommages et intérêts dus aux victimes. Et une fois arrivés en Europe, les condamnés, loin de faire profil bas, expliquent par avocats interposés qu’ils ne paieront pas ce qu’ils doivent ; si on « juridicise » le jugement, si on l’analyse du point de vue strict de la procédure, les bénéficiaires des indemnités n’étant pas nommément désignés, personne n’est habilité à exécuter…

Des avocats tchadiens qui étaient supposés agir dans l’intérêt des familles ont travaillé pour rien. Des familles qui croyaient protéger leurs intérêts, ont été mystifiées.

Fâcheux précèdent. Les interventions d’humanitaires occidentaux s’en sont retrouvées quelque peu « démonétisées ». Mais l’affaire est-elle classée ? L’Etat tchadien ne doit-il pas rendre des comptes? A l’évidence, des fautes ont été commises à son niveau et il est assez surprenant que les défenseurs - soit les défenseurs des droits de l’homme - s’en tiennent là.

Espérons que des tractations sont en cours ou ont eu lieu, et de manière fructueuse.

A défaut, quelle analyse peut-on faire de la justice d’un Etat indépendant d’Afrique ?

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