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Dominique
Jourdain.
A quelques jours
des fêtes de fin d’année, on entend à nouveau
parler de l’Arche de Zoé, cette association qui
en octobre 2007, il y a un peu plus d’un an,
était surprise par les autorités tchadienne en
flagrant délit d’enlèvement d’enfants en vue de
leur transfert en Europe pour l’adoption, le
tout à titre onéreux…
Mise en scène de
faux blessés et de faux infirmiers ; parodies
médiatiques comme l’occident a bien cette manie
et on peut également faire allusion à l’Affaire
des infirmières bulgares…
Arrestations,
aveux, procès sur le territoire du Tchad, pays
théoriquement indépendant mais sous occupation
militaire française avec une garnison de
plusieurs milliers de soldats. Pays indépendant
qui occupe une place stratégique essentielle
puisque transite sur son sol le pétrole puisé au
Soudan et acheminé vers le port Camerounais de
Kribi.
La découverte de
ce qui ressemblait fort à un trafic d’enfants
qui n’étaient pour la plupart ni orphelins ni en
déshérence souleva une grande émotion dans les
populations africaines. Non seulement les
occidentaux volaient les ressources mais ils se
remettaient à trafiquer les humains.
Un procès
ultra-médiatisé s’en est suivi. Les juges
tchadiens ont courageusement fait face aux
pressions de tout ordre tendant à influer sur
leur verdict. Ils ont condamné les actes avec
rigueur. Ils ont évalué sans complaisance la
réparation due aux familles et aux proches.
Puis la
diplomatie a repris la main. Pressions
médiatiques. Tractations dans les couloirs des
ministères, d’un côté et de l’autre de la
méditerranée. Et enfin, le résultat favorable
aux blancs qui vont bénéficier d’un transfert
vers la France pour y exécuter leur peine.
Seulement là se
produit une faute d’appréciation consternante du
côté Africain. On laisse partir les condamnés
sans exiger le paiement ou la consignation des
dommages et intérêts dus aux victimes. Et une
fois arrivés en Europe, les condamnés, loin de
faire profil bas, expliquent par avocats
interposés qu’ils ne paieront pas ce qu’ils
doivent ; si on « juridicise » le jugement, si
on l’analyse du point de vue strict de la
procédure, les bénéficiaires des indemnités
n’étant pas nommément désignés, personne n’est
habilité à exécuter…
Des avocats
tchadiens qui étaient supposés agir dans
l’intérêt des familles ont travaillé pour rien.
Des familles qui croyaient protéger leurs
intérêts, ont été mystifiées.
Fâcheux
précèdent. Les interventions d’humanitaires
occidentaux s’en sont retrouvées quelque peu «
démonétisées ». Mais l’affaire est-elle classée
? L’Etat tchadien ne doit-il pas rendre des
comptes? A l’évidence, des fautes ont été
commises à son niveau et il est assez surprenant
que les défenseurs - soit les défenseurs
des droits de l’homme - s’en tiennent là.
Espérons que des
tractations sont en cours ou ont eu lieu, et de
manière fructueuse.
A défaut, quelle
analyse peut-on faire de la justice d’un Etat
indépendant d’Afrique ? |