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par Harel & Issacharoff
La tension monte entre Israël et
l’Autorité Palestinienne [de Ramallah] après
l’appel fait par Ramallah à la Cour
Internationale de La Haye pour examiner les
allégations de « crimes de guerre » que l’IDF
aurait [sic] commis pendant l’opération Plomb
Fondu dans la bande de Gaza.
La question pèse déjà sur les
relations entre la direction de la défense et de
l’appareil sécuritaire israéliens et leurs
homologues en Cisjordanie, et fait partie de la
liste croissante de plaintes israéliennes sur le
comportement des dirigeants de l’AP.
Sur ces entrefaites, Israël a
averti l’Autorité Palestinienne qu’elle
conditionnerait l’autorisation d’un second
réseau de téléphonie mobile pour la Cisjordanie
- une question économique d’importance critique
pour la direction de l’AP - à l’abandon par les
Palestiniens de leur requête à la Cour
Internationale.
La question d’un second
fournisseur de téléphonie mobile est au centre
des discussions entre l’AP, le Quartet et
Israël, et dure depuis plusieurs mois.
Actuellement le seul opérateur est Pal-Tel, et
le Premier Ministre Salam Fayyad envisage
l’introduction d’un second fournisseur comme une
étape importante pour améliorer l’intrastructure
civile en Cisjordanie. Le projet est central
pour Watanya, la compagnie prévue pour être
second opérateur, et des profits substantiels
sont attendus.
Mais si le projet n’est pas
approuvé au 15 octobre, l’AP devra payer une
pénalité estimée à 300 millions de dollars, la
somme déjà investie en certifications et en
infrastructure.
Les diplomates occidentaux, dont
l’ancien premier ministre Tony Blair,
représentant du Quartet dans la région, et
l’ambassadeur des USA en Israël James Cunningham
ont indiqué clairement aux responsables
israéliens que le temps arrive à son terme, et
les ont pressés de permettre la poursuite de
l’installation d’un deuxième opérateur.
Les objections d’Israël
commencent par la question des fréquences. Les
fréquences que veulent les Palestiniens pour la
nouvelle compagnie sont très proches de celles
utilisées par l’armée israélienne pour certaines
de ses activités les plus sensibles.
« Israël nous rend les choses
difficiles à beaucoup de niveaux », se plaint
Mohammed Mustafa, conseiller économique du
président de l’AP Mahmoud Abbas. « Ils veulent
maintenant que nous fassions pression pour que
Pal-Tel libère certaines fréquences, à utiliser
par Watanya ».
Mais une autre question plus
substantielle a été ajoutée récemment, quand
l’Autorité Palestinienne a fait appel à la Cour
Criminelle Internationale. Des sources
sécuritaires ont dit à Ha’aretz que cette
action, autorisée par Fayyad et Abbas, a mis en
colère les hauts officiers de l’armée,
particulièrement le chef d’Etat Major Gabi
Ashkenazi.
Ashkenazi s’est consacré à
trouver des parades contre la menace de la
conduite d’officiers israéliens devant la Cour à
la suite des accusations de crimes de guerre
commis par l’IDF dans la bande de Gaza.
L’inquiétude a monté à la suite du grave rapport
que la Commission Goldstone a publié au nom des
Nations Unies il y a deux semaines.
En Israël l’argument est que
l’AP est déloyal et qu’au moment de l’opération
dans la bande de Gaza, l’hiver dernier, ses
hauts dirigeants ont encouragé leurs homologues
israéliens à faire monter la pression sur Hamas,
et même à tenter d’amener son pouvoir dans le
territoire au bord de l’effondrement. Mais plus
tard ils ont rejoint ceux qui décrient Israël et
ses actions supposées [sic] dans la Bande [de
Gaza].
Au vu de cette tension, le chef
d’Etat Major a conditionné son approbation d’un
second opérateur de télécoms à l’abandon par les
Palestiniens de leur plainte à la Cour.
« L’AP est arrivée au point où
elle doit décider si elle travaille avec ou
contre nous », ont dit des dirigeants de
l’appareil de la Défense. On dit à l’AP qu’en
réponse aux demandes israéliennes, Abbas et
Fayyad vont édulcorer leur appel à la CIJ,
quoiqu’ils refusent de promettre de l’annuler
complètement.
Au cours de l’année passée les
hauts responsables de la défense israélienne ont
souvent félicité les Palestiniens pour avoir
amélioré leur contribution à la sécurité de la
Cisjordanie, et pour le caractère décidé de la
direction derrière Fayyad. Mais ces dernières
semaines il y a eu de plus en plus
d’affirmations que même si l’Autorité est louée
par Israël et la communauté internationale, elle
se comporte de façon irresponsable en violant
les accords entre les deux parties.
Les allégations d’Israël se
concentrent sur la présence croissante de
policiers Palestiniens en civil à Jérusalem Est,
contrairement aux obligations de l’AP. Le
personnel de sécurité participe aux prières à la
mosquée Al-Aqsa et à d’autres sites de la ville,
et a accru sa présence dans les établissements
scolaires et médicaux de Jérusalem. De plus il a
aussi été impliqué dans l’enlèvement de
Palestiniens suspectés de vendre des propriétés
aux Juifs.
Article original :
http://www.haaretz.com/hasen/spages..., Ha’aretz,
le 27 septembre 2009.
Traduction de l’anglais : JPB,
Info-Palestine. |